Article écrit par le Dr.Pavan
Le 27 janvier, notre CPTS Sud Est Aubois a réuni professionnels de ville et hospitaliers du CH de proximité pour une séance de travail consacrée à la sédation palliative, à son cadre légal (loi Claeys Leonetti) et à ses pratiques concrètes, en structure comme à domicile.
Une rencontre marquée par la qualité des échanges et la volonté commune d’offrir aux patients un accompagnement juste, proportionné et coordonné.
Un cadre légal clarifié et partagé
Les intervenants ont rappelé les fondements de la loi Claeys‑Leonetti (2016), qui encadre la sédation profonde et continue jusqu’au décès dans des situations de symptômes réfractaires avec pronostic vital engagé.
Les notions de sédation vigile et profonde, transitoire ou maintenue, ont été largement travaillées, permettant d’harmoniser les représentations et de sécuriser les pratiques.
Une rencontre marquée par la qualité des échanges et la volonté commune d’offrir aux patients un accompagnement juste, proportionné et coordonné.
Des situations cliniques complexes, des réponses proportionnées
Les participants ont exploré les indications les plus fréquentes de la sédation en phase terminale pour détresse :
- hémorragies cataclysmiques,
- détresse respiratoire asphyxique
- situations neurologiques aiguës ou chroniques sévères avec détresse
Les zones grises, notamment la souffrance psychologique réfractaire, ont été discutées avec nuance, rappelant l’importance d’une évaluation palliative approfondie et d’une décision collégiale.
Collégialité, traçabilité et anticipation : les piliers d’une pratique sécurisée
La séance a mis en lumière la nécessité d’une concertation pluridisciplinaire, même en urgence, et d’une traçabilité rigoureuse.
Les équipes ont partagé leurs outils : protocoles anticipés, transmissions IDE, groupes de coordination sécurisés, avis confraternels rapides… autant de leviers pour garantir une prise en charge cohérente et alignée sur les objectifs du patient.
Domicile ou structure : adapter la logistique au terrain
Un temps fort de la rencontre a porté sur la faisabilité de la sédation à domicile : pharmacologie pratique, pousse‑seringue électrique ou PCA, disponibilité du matériel, rôle des prestataires, coordination quotidienne entre médecin traitant, IDE, SSIAD et équipes mobiles. Les échanges ont montré que lorsque les conditions sont réunies, le domicile peut être un lieu sûr et digne pour accompagner la fin de vie.
Communiquer avec les familles : un enjeu majeur
Hydratation, nutrition, causalité du décès, croyances religieuses, attentes des proches…
Les participants ont souligné l’importance d’une communication claire, apaisante et pédagogique, afin d’éviter les malentendus et de soutenir les familles dans ces moments sensibles.
Décisions de poursuite ou d’arrêt des traitements
Antibiotiques, transfusions, diurétiques, insulinothérapie : chaque situation doit être évaluée selon le bénéfice réel pour le patient et ses objectifs de soins.
La culture du « faire toujours plus » laisse progressivement place à une approche proportionnée, collégiale et centrée sur le confort.
A venir …
Une prochaine séance sera dédiée aux guides de bonnes pratiques, et à l’approfondissement de thématiques spécifiques (cardiologie palliative, situations neurologiques, coordination renforcée domicile‑hôpital).
Notre groupe de travail poursuit ainsi son objectif : construire un socle commun de connaissances, fluidifier les pratiques et renforcer la qualité de l’accompagnement en fin de vie sur tout le territoire Sud Est Aubois.
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