Regards croisés addictions : la cocaïne en questions

Article écrit par Jean-Paul Mir

Dans cet article, un ancien consommateur de cocaïne partage son expérience et sa connaissance des usages dans le barséquanais, offrant un éclairage sur l’évolution de la consommation et ses risques. Ses réponses nous ont amené à quelques recherches pour préciser quelques uns des aspects abordés.

Cocaïne, dans le barséquanais : un témoignage d’usager

Par Kévin, ancien usager de produits psychoactifs

 

« La cocaïne dans le Barséquanais, c’est fréquent ? »

« Pour ma part, je vois la cocaïne arriver en masse dans le Barséquanais depuis 5 à 10 ans environ. Les vendeurs de produits se diversifient et, quand on regarde leur « menu », ils ont tous ajouté la cocaïne. Du petit vendeur de cannabis au dealer d’héroïne, tous proposent désormais de la coke. »

« Comment la cocaïne est-elle consommée ? »

« Les consommateurs que je côtoie la fument principalement ou la sniffent pour tester sa qualité. Ils utilisent surtout de l’ammoniac pour « baser » la cocaïne et la fumer ensuite avec une bouteille en plastique transformée en « pipe à eau ». Dans le Barséquanais, la freebase domine par rapport au sniff de poudre. Pour eux, « baser » donne l’impression de retirer les produits de coupe. En réalité, ce n’est pas forcément vrai : les impuretés semblent disparaître à l’œil nu, mais elles restent dans le caillou de freebase. »

« Quels sont les risques aigus de la consommation de cocaïne ? »

« Pour l’overdose, je parlerais plutôt de surdoses. J’ai vu deux personnes consommant du freebase avec des pipes à crack tomber en arrière, convulsant avec tous les symptômes d’une surdose – on dirait une crise d’épilepsie. »

Cocaïne, y voir plus clair ! Point de vue d’un médecin généraliste

Par Dr Jean-Paul Mir, Médecin Généraliste

 

Cocaïne, de la poudre aux cailloux : Poudre, crack et freebase, sniffer n’est pas fumer

La poudre est généralement sniffée, le crack et la freebase sont des formes fumables de la cocaïne, dérivées du chlorhydrate de cocaïne (sel).

  • Crack : obtenu en chauffant la cocaïne avec du bicarbonate de sodium, il forme des « cailloux » beige-brun qui crépitent à la combustion, d’où son nom.
  • Freebase : produite par ébullition avec de l’ammoniac (parfois éther ou chloroforme), elle extrait partiellement les impuretés.

Leurs effets pharmacologiques sont identiques, mais leur fabrication et leur pureté diffèrent. Le crack conserve plus de produits de coupe, tandis que la freebase est légèrement purifiée. Selon le dispositif SINTES, la basification augmente légèrement la teneur en cocaïne, mais la pureté dépend du produit initial. Les produits de coupe actifs persistent dans le résultat final. Fragiles à l’air libre, crack et freebase doivent être consommés rapidement, la freebase étant plus instable. La cocaïne « basée » (crack/freebase) est absorbée rapidement par les poumons, atteignant le cerveau en 10-15 secondes, avec une durée d’effet courte (5-15 minutes), favorisant une consommation répétée et compulsive.

Source : Fiche d’information Infodrog

Complications aiguës de la consommation de cocaïne

La cocaïne induit une vasoconstriction, des irrégularités du rythme cardiaque, une hypertension, des crises de paranoïa, une accélération respiratoire et cardiaque, ainsi qu’une hyperthermie. Voici les principales complications aiguës :

  • Cardiovasculaires : tachycardie, hypertension, infarctus du myocarde, arythmies, dissection aortique (liées à la vasoconstriction et au stress cardiaque).
  • Neurologiques : convulsions, AVC (ischémique ou hémorragique), céphalées sévères.
  • Psychiatriques : agitation, paranoïa, hallucinations, anxiété aiguë, psychose toxique.
  • Respiratoires (surtout crack/freebase) : pneumothorax, atélectasie, détresse respiratoire.
  • Autres : hyperthermie, rhabdomyolyse, insuffisance rénale aiguë, ischémie mésentérique.

Ces effets surviennent rapidement (sniffée, fumée ou injectée) et dépendent de la dose, de la voie d’administration et de la tolérance. Face à ces signes dans un contexte inattendu, il est crucial d’envisager une consommation de produits et d’interroger l’entourage.

Références bibliographiques : 

National Institute on Drug Abuse (NIDA). « Cocaine: What are the short-term effects? »

https://nida.nih.gov/publications/drugfacts/cocaine

Observatoire Français des Drogues et des Toxicomanies (OFDT). « Cocaïne et crack : effets et risques »

https://www.ofdt.fr/drogues-et-addictions/cocaine-et-crack/

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